Moi l’etranger, Poèmes

 

Cette course sans lendemain, vers ces frontières décomposées, que pour les trafiquants elles soient de vrais murs mais que pour les réfugiés elles soient des passe-murailles. Quand je vois ces migrants, la compassion me gagne. Je mesure ma faute. Mais j’ai hâte, bien sûr, et d’une voix bien haute, de dénoncer bien fort, l’attente et l’inaction. Ils sont là silencieux, depuis de longues heures déjà. Leurs mots n’ont plus de force contre le monde. Ils restent penchés sur leurs souvenirs.

 

Ils les gardent pour eux, qui en voudraient ? Le navire à son flanc, attend près du môle. Les hôtes inconnus s’en iront dès ce soir. Etranges voyageurs, épuisés, leurs yeux éteints disent qu’ils ont marché bien des jours, bien des nuits. Ils traînaient des enfants demi-nus, leurs femmes les suivaient. Etranges étrangers, vous êtes de la ville, vous êtes de sa vie, même si mal en vivez, même si mal en mourez. Il est à vous ce passeport, pour tous les peuples, avec toutes les langues que vous voulez, vous pouvez entrer et sortir sans crainte. Vous voulez juste voir grandir vos gosses loin de la misère et juste réaliser ce pourquoi ils sont nés : vivre.

 

Chaque parcelle de terre appartient à chacun. Migrants, peut-être le serons-nous demain.

 

Un livret de poèmes financé par le portail de presse ProMosaik pour sensibiliser en 4 langues (français, portugais, espagnol et roumain) « poétiques » sur la thématique de la migration.
Introduction par la traductrice Cécile Le Dreau.

 

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